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Industrie

RÉFÉRENTIELS RÉGIONAUX > Le panorama de l'industrie

ECONOMIE GENERALE : Recherche et transfert de technologie

-Carte

Comparaison nationale(1)

Les chercheurs de Poitou-Charentes sont au nombre de 1 400 chercheurs en équivalent temps plein (ETP), soit environ 1 % du potentiel de recherche national.

Dans le secteur public, il faut retenir que les effectifs publiés par le Ministère (environ 900 en ETP) correspondent à environ 1 750 chercheurs réellement présents sur le terrain (250 chercheurs, 1 000 enseignants-chercheurs et 500 doctorants).

La région reste faiblement dotée en chercheurs (18e région française), malgré la progression de ses effectifs de 4,7 % entre 1993 et 1995 (5,5 % pour la France hors Ile-de-France et DOM-TOM).

Les dépenses intérieures de recherche et développement (DIRD) sont estimées à 1 300 MF. Ainsi, environ 7,6 % du PIB picto-charentais(2) est consacré à de la DIRD, ce qui place Poitou-Charentes parmi les dernières régions.

Au regard des aides(3) qui lui sont apportées dans le cadre des Contrats de plan Etat-Région 1994-1998, Poitou-Charentes est au :

- 7e rang des régions françaises en ce qui concerne le montant versé par l’Etat ;
- 4e rang des régions françaises pour le montant alloué par le Conseil régional.

Par ailleurs, le Conseil régional consacre 3 % de son budget à la recherche et au transfert de technologie, se plaçant en 4e position derrière les Conseils régionaux de Bretagne, Bourgogne et Basse-Normandie.

Un potentiel de recherche public multidisciplinaire
(4)

En Poitou-Charentes, est affichée une réelle volonté de soutien aux activités de recherche et de transfert de technologie. Les décideurs, s’appuyant sur des domaines de recherche de renommée nationale voire internationale, souhaitent développer la demande de la part des entreprises trop peu tournées vers la recherche et l’innovation.

Le potentiel de recherche régional repose essentiellement sur la présence de l’Université de Poitiers et ses délocalisations et sur celle de La Rochelle. L’ensemble des établissements regroupe environ 60 équipes de chercheurs.

A Poitiers, les recherches universitaires sont menées autour des pôles :

- SP2MI (sciences physiques, mécanique, mathématiques et informatique) ;
- Sciences chimiques ;
- Géosciences ;
- Biologie-santé-agroalimentaire ;
- Maison des sciences de l’homme et de la société ;
- Maison des Sciences juridiques et sociales ;
- Ingénierie pour la protection de l’environnement.

A La Rochelle, les domaines de compétences sont :

- Mathématiques ;
- Sciences pour l’ingénieur ;
- Sciences du vivant et Biotechnologie ;
- Maison des sciences de l’homme qui regroupe les Sciences juridiques, économiques et de gestion et le LEMRI (laboratoire « espaces maritimes et relations internationales »).

Les 2 Universités proposent des spécialités de 3e cycle en collaboration avec les autres Universités françaises. On compte ainsi environ 30 DEA (diplôme d'études approfondies) cohabilités dont près de la moitié dans le domaine des Sciences pour l’ingénieur.

Les écoles d’ingénieurs forment aux activités scientifiques et industrielles. Avec environ 400 étudiants chacune, l'ENSMA (Ecole nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique), installée au Futuroscope, et l'ESIP (Ecole supérieure d’ingénieurs de Poitiers),installée sur le campus et dépendante de l'Université de Poitiers, développent des coopérations avec une dizaine de laboratoires de recherche dans les domaines de la chimie, de l'environnement, de la géologie, des technologies de l'information et de la mécanique.

Trois autres écoles d'ingénieurs, hors Education nationale, préparent près de 600 d'étudiants à des activités développées au sein des industries. Ce sont l'EIGSI (Ecole d’ingénieurs en génie des systèmes industriels) à La Rochelle, l'IT2I (Institut des technologies d’ingénieurs de l’industrie) à Châtellerault et l'EIA (Ecole d'ingénieurs par l'apprentissage) à La Couronne.

Les grands organismes publics tiennent une place importante dans la recherche picto-charentaise.


Le CNRS : un pôle national pour les sciences de l’ingénieur

Cet établissement public à caractère scientifique et technologique intervient dans environ 25 laboratoires de recherche. Il soutient en priorité le pôle SP2MI (8 laboratoires liés au CNRS dont l’Unité propre de recherche UPR-« Combustion et détonique » à l’ENSMA), les Sciences chimiques (3 unités associées qui regroupent 20 % des chercheurs CNRS affectés à Poitiers) et la Maison des sciences de l’homme et de la société (11 laboratoires dont 5 liés au CNRS). Le CNRS concentre, ainsi, sur le territoire régional près de 10 % de ses activités nationales du secteur Sciences pour l'ingénieur. Il est présent au sein de l’Université de Poitiers, de l’ESIP et de l’ENSMA. Il possède une Unité mixte de recherche (Centre de recherche en écologie marine et aquaculture) avec l’IFREMER à L’Houmeau et une autre UPR, le Centre d’études biologiques de Chizé, à Beauvoir-sur-Niort, qui coordonne un programme de recherche pluridisciplinaire sur les zones humides et les écosystèmes.

Des centres de recherche tournés vers le monde agricole et la mer

L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) possède 3 sites en Poitou-Charentes (Lusignan-Rouillé, Le Magneraud et Saint-Laurent-de-la-Prée). Ses recherches sur le porc biomédical et les transplantations d’organes l’ont conduit vers une coopération étroite avec le CHU de Poitiers. Les autres axes de recherche sont : d’une part, l'amélioration de la qualité alimentaire et la préservation des ressources en eau (programme lié aux zones humides), et d’autre part, les nouvelles espèces végétales et animales.
L'Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), établissement public à caractère industriel et commercial, développe ses activités sur 2 sites (L'Houmeau et La Tremblade). Ses domaines de recherche sont dirigés vers la qualité de l'huître creuse, les écosystèmes des marais et des eaux côtières atlantiques.

Autres secteurs de recherche publique


Certains autres organismes n’interviennent que de manière ponctuelle ou en prestations de services comme, à Poitiers, le Laboratoire national d’essais (LNE), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et le Cémagref (Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et l’environnement).

Recherche du secteur privé

Appréhender la recherche réalisée dans le secteur privé n’est pas un exercice facile. Les travaux de R&D menés au sein des établissements industriels ayant un laboratoire de recherche intégré(5) sont des données confidentielles qui font l’objet d’études ponctuelles et limitées au niveau régional. Les établissements de R&D identifiés dans le fichier Sirène sont répertoriés sans distinction suffisamment fine pour être présentés.
Ainsi, l’INSEE Poitou-Charentes(6) répertorie une cinquantaine d’établissements effectuant de la R&D, très majoritairement dans le domaine des sciences physiques et naturelles et dans les départements de la Charente-Maritime et de la Vienne.

Réseau de structures d’appui et de transfert de technologie

La Région s’est dotée d’un dispositif jouant le rôle d’interface entre les structures de recherche et les entreprises désireuses d’innover. S’appuyant sur les domaines de compétence des laboratoires de recherche et sur les potentiels des entreprises, elle favorise l’émergence de projets structurants afin de mieux susciter cette demande d’innovation et de modernisation.
L’Etat et la Région soutiennent l’innovation et le transfert de technologie par l’intermédiaire de structures telles que l’Agence Poitou-Charentes technologies et d’actions comme le Programme Com’Sciences et le Réseau de diffusion technologique (RDT). Com’Sciences contribue à la valorisation de la recherche en organisant des colloques... Le RDT, « Convergence Poitou-Charentes » exerce, à la demande des entreprises, notamment à celle des PME, une mission d’appui : identifier leurs besoins technologiques, trouver des financements adaptés et les accompagner dans l’intégration de la technologie à leurs stratégies.

8 CRITT représentant un large potentiel de ressources technologiques

Huit CRITT (centres régionaux d’innovation et de transfert de technologie) ont été créés en Poitou-Charentes pour répondre aux sollicitations des entreprises et assurer des prestations d’essais, de recherche appliquée et de transfert de technologie. Ce dispositif d’appui aux entreprises est complété par des plates-formes d’essais associées aux établissements d’enseignement et par plusieurs sociétés de recherche sous contrat qui se sont développées. Le label « centre de ressources technologiques » de reconnaissance nationale est attribué par le MENRT à certaines de ces structures sur les critères de professionalisme des partenaires, de compétences et d’aptitude à comprendre le vrai besoin des PME. Ces structures se situent :

- à La Rochelle

- le CRITT Agroalimentaire est une structure d’interface. Il couvre l’ensemble des secteurs d’activités de l’agroalimentaire et offre des prestations de services, de veille technologique, d’aide à la formulation d’assurance qualité et de gestion de projets ;
- le CRITT Industries nautiques (CRAIN) est labellisé Centre de ressources technologiques (CRT). Il est spécialisé plus particulièrement dans les calculs de structures d’aérodynamique des voiles et d’hydrodynamique des coques de bateaux, les études de structures ainsi que dans les énergies alternatives ;

- à Rochefort

- le CRITT Matériaux, labellisé CRT, est spécialiste des polymères composites et métalliques. Il met à la disposition des industriels des moyens d’analyses, d’essais et de contrôle. Il assure des recherches sous contrat sur ses 2 sites, Rochefort et le Futuroscope où il est associé à l’ENSMA ;
- le CRITT Horticole (ARRDHOR) dont la création est issue, en partie, de la spécialité rochefortaise du Bégonia. Il assure l’accueil des entreprises, l’appui technologique à leur outil de production et la gestion d’une serre expérimentale. Le CRITT Horticole développe depuis plusieurs années un programme d’identification et d’extraction de colorants naturels à partir de plantes tinctoriales. Il a créé un laboratoire de recherche à Saint-Savin dans le cadre d’un projet plus ambitieux d’installation d’une pépinière d’entreprises dans le domaine des métiers d’Art et de valorisation de colorants dans les industries agroalimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques ;

- à Poitiers

- sur le campus universitaire, IANESCO Chimie, issu de la fusion du CRITT Chimie et de l’Institut d’analyses et d’essais du Centre-Ouest (IANESCO), est labellisé CRT. C’est une structure de recherche-conseil auprès des entreprises et des collectivités. Il intervient sur les thématiques liées à l’environnement (eaux - environ 90 % de ses interventions -, air, sols, déchets et micropolluants) et l’alimentation (les aliments et les matériaux qui sont à leur contact) ;
- le CRITT Energétique, offre ses compétences en matière de thermique, de transfert de chaleur, de ventilation et d’ingénierie des procédés industriels en relation avec l’environnement ;

- au Futuroscope

- le CRITT Conception et fabrication assistée par ordinateur est adossé au LISI (laboratoire informatique scientifique et industrielle) de l’ENSMA. Son activité s’adresse aux PME et grands donneurs d’ordre des secteurs automobile, aéronautique, agroalimentaire, bois-ameublement...

- à Châtellerault

- le CRITT Sports et loisirs associé au Laboratoire national d’essais, assiste entreprises, collectivités et administration en matière d’équipements de protection individuelle, de sols et tapis à usage sportifs, des matériels sportifs et scolaires et de communication ;

Une école d’ingénieurs tournée vers le transfert de technologie

A La Rochelle, l’EIGSI (Ecole d’ingénieurs en génie des systèmes industriels) développe des activités de contrôle et d’optimisation des systèmes industriels de production, informatique intégrée pour les systèmes de transport et de production... Elle abrite un centre d’essais des batteries et des modules de traction destinés au véhicule électrique lié au projet régional VEDELIC (Véhicule démonstrateur laboratoire Lithium Carbone). Ce projet fédère les compétences des chercheurs de l’Université de Poitiers, des écoles d’ingénieurs (ENSMA et EIGSI) et des industriels implantés en région (notamment Heuliez, Leroy-Somer, Saft).

Quelques organisations dynamiques

- à Cognac, le pôle emballage-conditionnement, Atlanpack s’appuie sur la présence de l’ensemble des segments de la filière et des différentes technologies d’impression existant en région pour développer ses débouchés, notamment dans l’agroalimentaire, les cosmétiques.... Le secteur des produits de luxe y tient une part notable ;
- à La Rochelle INNOV’IA, centre d’essais et de production de poudres et additifs, est labellisé CRT. Il met au point des procédés de poudres alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques. En 1998, une nouvelle entité INNOV’IA Industries, créée par essaimage, se consacrera à des fabrications expérimentales avec le soutien de la recherche réalisée à INNOV’IA ;
- à Surgères, l’ENILIA (Ecole nationale d’industrie laitière et des industries agro-alimentaires) met en place un département de relations industrielles destiné à la valorisation de ses compétences dans le domaine de la transformation des produits laitiers, des produits de la mer et des produits céréaliers ;
- à Niort, le Centre européen de prévention des risques, est soutenu par les grandes mutuelles d’assurances et le site universitaire niortais pour réaliser des études dans le domaine de la gestion du risque, de la prévention et du droit des assurances ;

- à Poitiers

- ERM (Etudes recherche et matériaux), SARL à Poitiers, procède à des travaux sur la caractérisation des matériaux, l’environnement et les ressources naturelles. Il possède également des compétences en matière de formation et de communication ;
- VALAGRO (Valorisation industrielle des agro-ressources) est une plate-forme d’expérimentation dont la vocation est la valorisation non alimentaire des huiles végétales de colza, lupin et tournesol, et la valorisation industrielle des lignocellulosiques (programme agro-matériaux). VALAGRO travaillle avec les équipes de recherche régionales (INRA et ESIP) et nationales.
- au Futuroscope, VALTTEC SA est une société pluridisciplinaire qui organise son activité autour de 3 objectifs : réaliser des prestations de recherche sous contrat, développer des produits et procédés nouveaux et jouer un rôle d’interface entre les industriels et la recherche publique (Université de Poitiers et ENSMA) ;
- à Châtellerault, PLTS, plate-forme traitement de surfaces, est implanté dans le bassin industriel et se consacre aux traitements superficiels « haute énergie ».

Par ailleurs, la région compte une vingtaine de lycées, centres de ressources et d’appui technologique pour les entreprises régionales (CRATERE). Ces lycées mettent à disposition équipements et savoirs pour répondre aux besoins technologiques des petites entreprises n’ayant pas les moyens d’investir dans les secteurs de la mécanique, l’électronique, l’emballage, la plasturgie...

(1) Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. R&D dans les organismes publics. décembre 1997.
Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. R&D dans les entreprises. décembre 1997. Données 1995.
(2) Source : INSEE.
(3) Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. « Atlas régional de la recherche et de la technologie : indicateurs cartographiques et commentaires ». Paris : La Documentation française, 1996. 207 p.
(4) Sources : Cellule de valorisation de la recherche. Recherche en Poitou-Charentes. Université de Poitiers-CNRS-ENSMA. 1997.
Université de La Rochelle. Ecoles d'ingénieurs.
(5) Le MENRT recense chaque année les entreprises exerçant des activités de R&D. Seules les données relatives aux entreprises exerçant une activité de façon permanente et organisée (au moins un chercheur ou son équivalent temps plein sur l’année) sont exploitées, mais leur traitement n’en est que partiel. En 1996, le Ministère a cependant publié un atlas présentant des données datées de 1993, plus fines. Celles-ci sont proposées en 2e partie de la Monographie.
(6) Source : fichier Sirène, juillet 1997.

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