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Industrie

RÉFÉRENTIELS RÉGIONAUX > Le panorama de l'industrie

TISSU INDUSTRIEL : Financement des entreprises industrielles

Des ressources internes peu élevées

Les entreprises(1) de Poitou-Charentes ont une capacité d’autofinancement d’environ 3,2 milliards de francs, qui constitue environ 21 % de la valeur ajoutée(2) créée. Si l’on excepte les industries agroalimentaires et l’énergie, elle atteint 1,2 milliards de francs soit 13 % de la valeur ajoutée (17 % en France en 1995(3)). Environ 89 % des investissements effectivement réalisés en 1995 pourraient être couverts (146 % en France).

Les IAA, grâce essentiellement au Cognac et aux « autres industries alimentaires », possèdent suffisamment de ressources internes. Leur capacité d’autofinancement atteint 33 % de leur valeur ajoutée, elle permet un taux de couverture des investissements de 230 %.

L’industrie automobile régionale détient une capacité d’autofinancement qui représente moins de 5 % de sa valeur ajoutée (près de 20 % au niveau national), ce qui pourrait lui permettre de financer 40 % de ses investissements en 1995 (près de 100 % en France).

Concernant les secteurs métallurgie-travail des métaux, industrie du papier-carton-édition, travail du bois-fabrication de meubles, fabrication de équipements électriques et électroniques, industrie de la mode, leurs capacités d’autofinancement représentent entre 12 et 16 % de leur valeur ajoutée et pourraient couvrir la totalité de leurs investissements réalisés en 1995. La situation des entreprises de ces secteurs au niveau national est dans ce même cas de figure.

Crédit-bail : un mode de financement utilisé en Poitou-Charentes

Le crédit-bail des entreprises de l’échantillon(4) participe à 5,6 %(5) à leur effort d’équipement. Si l’on excepte les secteurs des IAA et de l’énergie, le ratio est de 7,7 % contre 6,8 % pour la France.

Les entreprises industrielles ayant recours au crédit-bail sont peu nombreuses (environ 130(6) parmi les entreprises de l’échantillon pour un montant de 144 MF). Ce sont majoritairement de petites entreprises de moins de 100 salariés.

Les principaux secteurs où le crédit-bail est utilisé sont la métallurgie-travail des métaux, le travail du bois-fabrication de meubles, les IAA et le papier-carton-édition, soit les deux tiers du montant des contrats de Poitou-Charentes. Parmi ces 80 entreprises, 30 y ont recours de façon importante puisqu’il dépasse les 50 % de leur effort d’équipement.

Capital-risque, capital-investissement en Poitou-Charentes

Les « capital-risqueurs » intervenant en Poitou-Charentes ont essentiellement un rayonnement régional. Ils diffèrent selon les montants d’intervention. Ainsi, l’Institut de participations de l’Ouest (IPO) basé à Nantes opère au-delà de 2 millions de francs. Entre 500 000 et 2 millions de francs, se trouvent notamment l’Institut de développement du Poitou-Charentes (IDPC) à Parthenay, la Société de développement régional (SODECCO) à Poitiers, la Société financière Voltaire (CIO), la Financière d’Aquitaine (Crédit agricole), Expanso et AUXITEX (Institut de participation du grand Sud-Ouest) à Bordeaux.

Créé en 1994, à Poitiers, avec l’appui d’actionnaires publics et privés, PCE (Poitou-Charentes expansion) intervient sur des montants de l’ordre de 150 000 à 500 000 francs(7) aussi bien dans le cadre de transmissions ou de créations d’entreprises que de développements. Pour les quelques dizaines de dossiers gérés par an, les investisseurs prennent part au financement des entreprises par le biais d’actions, d’obligations convertibles en actions ou de prêts participatifs. Les secteurs de projets sont surtout dans l’industrie du bois et la métallurgie-travail des métaux.

A côté de ces sociétés, intervient la BDPME, Banque de développement des PME, qui regroupe la SOFARIS et le CEPME (Crédit d’équipement des PME). Ainsi, en 1997, dans le cadre de ses actions, la BDPME a aidé à la création, à la transmission et au développement d’entreprises au titre de garantie (la SOFARIS garantit jusqu’à 40 % du montant des prêts accordés directement par les banques aux entreprises) et en cofinancement. Les SIAGI et la SOFINDI, quant à elles, interviennent également comme fonds de garantie.

Actuellement, quelques entreprises régionales ouvrent leur capital grâce à leur entrée en Bourse, et plus particulièrement sur le Second et le Nouveau Marché(1), tel que Poujoulat, Radoux, Aigle, etc.

(1) Source : SESSI-SCEES-IAAT, fichiers EAE 1995. L’analyse s’appuie sur les données individuelles des entreprises ayant au moins 80 % de leurs effectifs salariés en Poitou-Charentes, qu’elles aient ou non leur siège social en Poitou-Charentes. Ces 740 entreprises représentent environ 53 000 salariés du secteur industriel concerné par le champ des EAE (entreprises de plus de 10 salariés pour les entreprises des IAA et de plus de 20 salariés pour celles des autres industries).
Certaines de ces entreprises appartiennent à des groupes dont les mouvements de capitaux et stratégies financières échappent à l’analyse présentée ici.
Les données valeur ajoutée régionale sont des estimations obtenues à partir des calculs des variables décrites dans les comptes de résultat de chaque entreprise selon la méthode préconisée par le SESSI. La valeur ajoutée hors taxe créée en région est calculée au prorata des rémunérations des établissements régionaux. Les secteurs d’activité décrits sont ceux analysés dans la partie C. Principaux secteurs.
(2) La valeur ajoutée dans ce chapitre est la valeur ajoutée hors taxe. Globalement, la valeur ajoutée créée se décompose en charges de personnel, impôts, intérêts sur endettement, dividendes et intérêts aux associés, et autofinancement. Le rapport entre la capacité d’autofinancement et la valeur ajoutée hors taxe indique la part de la valeur ajoutée disponible pour un financement interne des investissements. Il mesure la rentabilité après impôt ou la profitabilité brute de l’exercice (source : SESSI)
(3) Source : Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie. SESSI. La situation de l’industrie, enquête annuelle d’entreprise, tomes 1 et 2, édition 1996. Les données nationales présentées dans cet ouvrage sont issues des EAE 1995. Les méthodes de calcul utilisées aux niveaux national et régional n’étant pas les mêmes, la comparaison des chiffres n’apporte qu’un ordre de grandeur.
(4) Source : mêmes sources.
(5) Le rapport entre le montant du crédit-bail et la somme des investissements et du crédit-bail mesure l’importance du recours au crédit-bail dans l’effort d’équipement des entreprises (source : SESSI).
(6) Elles représentent 13 000 salariés.
(7) Source : Poitou-Charentes Expansion.

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