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Industrie

RÉFÉRENTIELS RÉGIONAUX > Le panorama de l'industrie

PRINCIPAUX SECTEURS : Industries agroalimentaires

CHIFFRES CLES

• 16 % des effectifs industriels régionaux (15 220 salariés)


• 32,6 % des établissements industriels régionaux (2 895 établissements)
• 21,6 % de la valeur ajoutée industrielle régionale (432 700 F/an/salarié)
• 10,2 % des investissements industriels régionaux (54 000 F/an/salarié)
• 16 % de la rémunération industrielle régionale (134 000 F/an/salarié)

Salariés et établissements

L’agroalimentaire : premier employeur industriel de Poitou-Charentes

Avec 15 220 salariés(1), les industries agroalimentaires emploient 3,1 % des effectifs nationaux de cette activité. Au plan régional, elles concentrent 16 % des effectifs salariés industriels, ce qui confère au Poitou-Charentes un cœfficient de spécialisation(2) élevé (1,2). Malgré une diminution du nombre d’emplois entre 1987 et 1996 (-1,1 % en région contre -4,4 % au plan national), les industries agroalimentaires restent un des gros pourvoyeurs d’emplois salariés en Poitou-Charentes. La Charente et les Deux-Sèvres qui emploient les plus gros effectifs du secteur, avec respectivement 4 265 et 4 620 salariés connaissent des évolutions opposées. Alors qu’entre 1987 et 1996, la Charente perd 915 emplois, les Deux-Sèvres en ont gagné 825.

Effectif salarié au 31-12-87 au 31-12-96
Charente 5 180 4 265
Charente-Maritime 3 625 3 385
Deux-Sèvres 3 795 4 620
Vienne 2 775 2 950
Poitou-Charentes 15 375 15 220


Les industries agroalimentaires concernent 2 895 établissements(3) en Poitou-Charentes, soit 32,6 % des établissements industriels picto-charentais (artisanat compris).

L’artisanat représente 76 % des établissements, notamment dans les métiers de la charcuterie, la boulangerie, la pâtisserie et la production d’eaux de vie naturelles.

Hors champ artisanal, les industries agroalimentaires concernent 700 établissements, soit 22,1 % des établissements de type industriel de la région. Près de 7 établissements sur 10 comptent moins de 20 salariés.

Nombre d'établissements Hors
champ artisanal
Champ
artisanal

Total

Charente 215 480 695
Charente-Maritime 244 798 1 042
Deux-Sèvres 128 432 560
Vienne 113 485 598
Poitou-Charentes 700 2 200 2 895


Données financières

La valeur ajoutée moyenne annuelle(4) des industries agroalimentaires représente 21,6 % de la valeur ajoutée industrielle régionale, soit un montant de 5,6 milliards de francs. Elles dégagent ainsi une valeur ajoutée annuelle par salarié de 432 700 F. Si l’on exclut la production d’eaux de vie naturelles, la valeur ajoutée n’est plus que de 2,1 milliards de francs, soit 219 200 F/an/salarié.

Les investissements moyens annuels(5) des établissements des industries agroalimentaires représentent 703 millions de francs, soit 10,2 % des investissements industriels régionaux. L’investissement moyen annuel par salarié est de 54 000 F contre 32 300 F pour l’ensemble des industries régionales hors énergie.

Le montant moyen annuel des rémunérations(6) de ce secteur s’élève à 1,7 milliard de francs, soit 16 % des rémunérations perçues dans l’industrie régionale. Un salarié perçoit un revenu moyen annuel de 134 000 F contre 129 700 F pour le total des industries de la région.

Des restructurations

Les industries dites « autres industries alimentaires(7) » totalisent 256 établissements dont 168 ont une activité de boulangerie et de pâtisserie. Parmi les 88 restantes, 19 comptent plus de 50 salariés. Celles-ci sont localisées dans de petites villes (moins de 5 000 habitants) de l’espace rural picto-charentais. Par exemple, dans le nord de la Vienne, le Comptoir de la confiserie (groupe Kraft Jacobs Suchard), récemment implanté à Saint-Genest d’Ambière, poursuit, en 1998, son développement. Il assure, depuis 1994, la production européenne de chewing-gum Hollywood et, depuis peu, la fabrication de Malabar, jusqu’alors sous-traitée en Espagne(8). A Pleumartin, l’entreprise familiale Liot SA, aujourd’hui rachetée par un groupe néerlandais, est un spécialiste reconnu dans le traitement de l’œuf.

Parthenay, unité urbaine de plus de 10 000 habitants, est le siège d’un établissement de plus de 50 salariés : Panzani. Cette ancienne filiale du groupe Danone, aujourd’hui contrôlée par Paribas est, à nouveau, comme dans les années 70, confrontée à des réductions d’effectifs.

Le Cognac : facteur de concentration géographique des industries des boissons

Parmi les 180 établissements recensés, seules 12 unités comptent plus de 50 salariés. Celles-ci sont rassemblées dans le Cognaçais, les principales se situant à Cognac, Merpins, Jarnac et Rouillac. Elles mettent en valeur les productions des vignobles locaux destinés à l’élaboration du Cognac. Ce secteur est dominé par de puissantes maisons de négoce comme les sociétés Jas Hennessy, Courvoisier, Martell et Rémy Martin. Les professionnels multiplient le nombre des produits à base de Cognac à commercialiser pour réduire les stocks déjà importants. Ainsi, sont nées des boissons apéritives comme le « Very Special » (Cognac et écorces de bois exotiques) lancé par la Coop Atlantique et la distillerie Maxime Trijol, qui donnent lieu à des accords commerciaux avec la grande distribution. Ils affichent aussi leur volonté de diversifier leurs outils de promotion en offrant une gamme de produits dérivés (confiserie, maroquinerie, vêtements, sac à dos, verre à dégustation, décapsuleur...). S’appuyant sur les nouvelles technologies de l’information, l’américain Mac A. Andrew a développé un site Internet (http://www.swfrance.com) qui propose des informations sur près de 400 producteurs de Cognac ou de Pineau, présentant leurs productions et la région du Cognaçais.

-Carte

Les industries des viandes : secteur de valorisation de la diversité des élevages locaux

Le secteur totalise 140 établissements dont un tiers emploie plus de 20 salariés. Les 25 qui ont plus de 50 salariés sont relativement dispersés sur le territoire régional. Les Deux-Sèvres, espace traditionnel d’élevage bovin, concentrent les plus grosses unités tant en volaille (Thouars et Nueil-sur-Argent) qu’en viande de boucherie (Sainte-Eanne et Celles-sur-Belle). La préparation industrielle de produits à base de viande, quant à elle, se développe sur 2 sites dans le nord de Poitou-Charentes, à Airvault (de 200 à 500 salariés) et Mirebeau (plus de 500 salariés) au sein de l’entreprise Marie-Surgelés. Cette filiale du groupe Danone a procédé à une reconcentration géographique en fermant son site breton (Saint-Meloir-des-Ondes) jugé peu rentable(9).

Perturbée par la crise de la « vache folle », la consommation de viande s’est reportée sur d’autres produits de filières déjà performantes en Poitou-Charentes. Les établissements de production de viande s’orientent vers la diversification : découpe et transformation de lapins (Poitou-Charentes est la 1re région d’abattage de lapins de chair avec 32 % des lapins abattus en France en 1995), canards, dindes, foie gras... Ils s’appuient sur la bonne image dont bénéficient les productions locales certifiées comme l’agneau fermier « Le Diamandin », le bœuf « Fine fleur parthenaise »... pour élargir leurs marchés.

-Carte

L’industrie laitière : reconcentration et innovation d’un secteur fortement lié aux activités agricoles régionales

Sur les 55 établissements que compte la région, 16 emploient plus 50 salariés, dont 10 sont des sociétés coopératives agricoles.

La collecte importante de lait issu des nombreux élevages bovins et caprins régionaux (8,6 millions hl de lait de vache et 1,7 million hl de lait de chèvre collectés en 1997 en Poitou-Charentes(10)) alimente les établissements ruraux de façon plus concentrée dans les Deux-Sèvres. Quatre unités de 100 à 199 salariés se répartissent dans ce département (Saint-Loup-Lamairé, Champdeniers-Saint-Denis, Saint-Martin-de-Saint-Maixent et Celles-sur-Belle ) et un au sud-ouest de la Vienne, à Saint-Saviol.

Dans le reste de la région, les établissements sont plus dispersés : un établissement de grande taille dans l’agglomération rochelaise, à Aytré (200 et 249 salariés), 2 établissements de 100 à 199 salariés dans la Charente, à Claix et Reparsac et 2 établissements de taille plus modeste (50 à 99 salariés) dans la Vienne, à Chasseneuil-du-Poitou (Bonilait qui produit des protéines de lait) et Dangé-Saint-Romain.

Soumise aux contraintes de la PAC et du GATT, et aux récentes répercussions de la crise de la « vache folle » (engendrant une baisse de consommation de poudre de lait), l’industrie laitière s’est orientée, peu à peu, vers une concentration de ses établissements. Il y a eu à la fois réduction du nombre d’établissements et de salariés. Les unités de production se sont engagées sur la voie de la modernisation, de l’innovation et du développement de productions à plus haute valeur ajoutée (fromage, beurre, lait UHT, protéines de lait...). Misant également sur la qualité et la certification (AOC pour le beurre Charentes-Poitou et le Chabichou du Poitou, Beurre d’Echiré), elles investissent pour améliorer la commercialisation et diversifier leurs marchés. Le groupe Eurial-Poitouraine, par exemple, innove sous la marque Soignon, en lançant sur le marché international les rondelles de fromage surgelées destinés aux industriels étrangers de la pizza(11) et en s’appuyant sur de nouveaux produits comme la filière « bio »(12).

-Carte

De petites unités industrielles dans le travail des grains et la fabrication d’aliments pour animaux (bétail)

Rassemblant environ 50 établissements, 10 seulement occupent plus de 50 salariés. Les unités liées au travail des grains se retrouvent proches des espaces de production céréalière (1/3 de la SAU régionale est couverte par les céréales). Les établissements de la fabrication des aliments pour animaux comptent 2 unités dans le sud des Deux-Sèvres, dont une de plus de 100 salariés. Il s’agit de Serval, un des leaders français de la fabrication de produits d’allaitement pour animaux.

-Carte

Modeste représentation des industries du poisson

Peu présentes (moins de 20 établissements recensés, dont 6 de plus de 20 salariés), elles restent une spécificité du littoral charentais. Cependant, il faut souligner la place de l’établissement Nord-Morue à Jonzac qui compte un effectif de 100 à 199 salariés.

L’agroalimentaire : moteur de la filière emballage

S’appuyant sur un produit de luxe comme le Cognac, la région a développé toute une industrie liée à l’emballage et au conditionnement des produits issus des nombreuses industries agroalimentaires picto-charentaises et des régions voisines, notamment les vins et spiritueux, les produis laitiers et les produits de la mer.

Des structures de développement et de mise en valeur de l’agroalimentaire

Le GIE-« RHD-Vallée », créé en 1995 à Champdeniers dans les Deux-Sèvres, est une structure destinée à développer les industries agroalimentaires du département et, plus largement, de la région Poitou-Charentes en les aidant à pénétrer sur un marché en pleine expansion, celui de la restauration hors domicile.

Fondé en 1997, à l’initiative du Conseil général des Deux-Sèvres, de la ville de Niort et des mutuelles d’assurances niortaises, le Centre européen de prévention des risques (CEPR) a développé deux actions pour améliorer la maîtrise sanitaire des produits proposés à la consommation : le Centre de recherche appliquée à la prévention dans les entreprises des métiers de bouche et un réseau d’épidémio-surveillance appliqué dans l’élevage bovin en Deux-Sèvres.

La création en 1998, de l’Institut régional de la qualité agroalimentaire, répond à des besoins de mise en valeur de la qualité des productions et des produits dans un souci de répondre aux attentes des consommateurs.

Mobilisation intellectuelle et technologique au service de l’agroalimentaire

La région s’appuie sur la présence de ses équipes de recherche universitaire en lien ou non avec les grands établissements de recherche publique tels que le CNRS, l’INRA et l’IFREMER. Le CRITT Agroalimentaire et la plate-forme d’expérimentation VALAGRO se sont progressivement mis en place, jouant le rôle d’interface auprès des entreprises.

-Carte

Celles-ci, peu nombreuses à réaliser de la recherche, disposent également de compétences et d’équipements matériels performants dans les établissements d’enseignement secondaire et supérieur.

(1) Source : UNEDIC-IERS. Données au 31 décembre 1996.
(2) Le cœfficient de spécialisation correspond au rapport (à une date donnée) entre le poids relatif du secteur en région (calculé ici en fonction du nombre de salariés par rapport au total des salariés dans la région) et le poids relatif du même secteur dans l’économie nationale. Un secteur est considéré comme surreprésenté quand son cœfficient de spécialisation est supérieur à 1,10 en fin d'année 1996. Un secteur est considéré comme sous-représenté quand le cœfficient de spécialisation est inférieur à 0,75 en fin d'année 1996.
(3) Source : INSEE- fichier Sirène juillet 1997.
(4) La valeur ajoutée présentée ici est issue du traitement statistique des données des enquêtes annuelles d’entreprises (EAE) réalisées auprès des entreprises de plus de 10 salariés (IAA) pour celles enquêtées par le Ministère de l’agriculture et plus de 20 salariés (industries hors IAA) pour celles enquêtées par le Ministère de l’industrie. La valeur ajoutée est une estimation de la valeur ajoutée hors taxe obtenue à partir d’un calcul des variables décrites dans les comptes de résultat de chaque entreprise selon la méthode préconisée par le SESSI. La valeur ajoutée hors taxe créée en région est calculée au prorata des rémunérations des établissements régionaux. Données moyennes 1994-1995.
(5) Données moyennes 1994-1995. La moyenne 1994-1995 des investissements par an et par salarié, énergie comprise, s’élève à 82 100 F.
(6) Données moyennes 1994-1995.
(7) Les « autres industries alimentaires » couvrent la fabrication industrielle de pain (158A), la cuisson de produits de boulangerie (158B), la boulangerie-pâtisserie (158C), la pâtisserie (158D), la biscotterie-biscuiterie (158F), la fabrication de sucre (158H), la chocolaterie-confiserie (158K), la fabrication de pâtes alimentaires (158M), la transformation du thé et du café (158P), la fabrication de condiments et assaisonnements (158R), la fabrication d’aliments adaptés à l’enfant et diététiques (158T) et autres (158V).
(8) Source : Les Echos, 16 mars 1998, « Kraft Jacobs Suchard rapatrie le Malabar dans la Vienne ».
(9) Source : Le Figaro, 26 novembre 1997, « Danone : fermeture d’une usine Marie-Surgelés ».
(10) Source : DRAF Poitou-Charentes (données au 30 juin 1998).
(11) Source : La Nouvelle république, 24 septembre, « Le chèvre conquiert les pizzas ».
(12) Source : La Charente-Libre, 9 juin 1998, Eurial-Poitouraine mise sur le bio.

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