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Tourisme

ÉTUDES > Perspectives d'emplois pour les jeunes
Les principaux constats

Une difficulté à difinir le métier réel et son exercice dans le contexte

La réalité de l'exercice du métier de l'organisme dans le contexte touristique s'exprime avant tout en terme de Une difficulté à définir le métier réel et son exercice dans le contexte
valeur usage. Une des grandes difficultés des réponses à cette question réside essentiellement dans la formulation de valeur ajoutée en tant que service rendu aux clients.

Un sentiment d'exercer un métier sans réelle valeur sociale

Les participants estiment par ailleurs que leur métier n'est pas assez valorisé. Il ressort un large sentiment d'exercer un métier sans valeur sociale, dans un secteur professionnel qui souffre d'un déficit d'images et qui est perçu comme une activité pas toujours sérieuse. De surcroît, l'exercice de ces métiers, à tous les niveaux, est décrit comme stressant du fait de la présence constante des clients dans l'entreprise pendant son exercice.

Polyvalence et déqualification menacent les compétences professionnelles.

En excluant des activités saisonnières qui peuvent être confiées à des étudiants, plus des deux tiers des personnels d'exécution ont un niveau de formation initiale égale ou supérieure à bac + 2.
Les carences d'encadrement intermédiaire, au moins dans les fonctions si ce n'est dans les postes, pèsent sur le management des services. Ce constat de déqualification se cumule à la précarité des personnels pour entretenir la démotivation.
Le personnel employé est organisé en trois grandes catégories : cadres, techniciens et emplois de médiation avec les clients. Le personnel salarié se répartit entre des salariés techniquement spécialisés mais peu qualifiés à la médiation clients d'une part et des salariés moins spécialisés mais possédant une qualification importante souvent peu adaptée à cette mission de médiation.
La difficulté à fédérer les énergies dans l'entreprise tient également à un concept très vivace dans le secteur du tourisme : la polyvalence. Celle-ci n'est pas toujours comprise au même niveau par les managers et par les personnels. La traduction pour les seconds passe par un sentiment de dévalorisation dans l'exercice d'actions multiples dont ils ne perçoivent pas toujours ni le sens ni la finalité dans le cadre d'un statut souvent précaire. Certains professionnels reconnaissent qu'eux-mêmes ne valorisent pas assez le métier, même si les métiers du tourisme restent mythiques.
La situation est rendue plus complexe par l'existence de normes liées à l'exercice de certaines activités qui limitent la flexibilité nécessaire à leur développement.
Les professionnels se considèrent confrontés à cette déqualification et la décrivent comme un déficit de compétence relationnelle vis-à-vis des clientèles. Ce déficit apparaît dans toutes les filières observées. Il est vrai que :
- le manque d'expérience des personnels en contact avec les clients,
- la fragilité du statut,
- l'emploi sans lendemain,
- les rémunérations apparentées au SMIC,
- la méconnaissance même du sens du métier de l'entreprise,
sont autant de caractéristiques propres à l'ensemble des emplois et sont une des composantes de la première peur des entreprises : " Ne pas pouvoir fidéliser ".

La formation et le besoin de compétences

Le décalage entre la réalité des besoins et l'offre de compétences en sortie de formation initiale domine l'appréciation des professionnels.
Le besoin de compétences s'exprime d'abord à travers la fonction accueil. Force est de constater que derrière ce terme générique s'abrite aussi bien les fonctions verticales de l'accueil (hôtes et hôtesses, réceptionnistes, billettistes…) que la fonction transversale de l'accueil, qui relève d'une attitude que seul un management des services peut construire.
Les aspects techniques de la filière sont très souvent pris en charge, certes à des niveaux différents, par un effort de formation continue. Sur cet aspect, les professionnels se montrent particulièrement pertinents à l'égard du plan de formation pour lequel la technique est prééminente.
Cette attitude contraste particulièrement avec leur faible capacité à imaginer des plans de formation plus tournés vers l'immatériel, ce qu'ils définissent comme étant les principales lacunes du système de formation initiale (comportement, relationnel, aptitude à se mobiliser face au client…).
Autant, face aux formations techniques et spécialisées, ils sont totalement en mesure d'identifier la compétence technique ou spécialisée à opposer à la demande des clients ; autant face aux problématiques des langues, de l'accueil, de l'accompagnement et de l'animation comme de l'action commerciale, les difficultés à identifier les compétences à atteindre prennent toute leur dimension.

Les priorités en matière de formation ont été dégagées dans les domaines de :
- L'accueil et l'accompagnement des clients
- Les langues étrangères
- Le comportement face aux clients
- La commercialisation de destinations et de produits touristiques
- La compétence technique en hôtellerie/restauration.
L'emploi entre contraintes et effets d'aubaine

Dans l'ensemble, les professionnels estiment que l'emploi, dans le contexte actuel, ne répond que très partiellement aux besoins de la filière. Ces positions reprennent les argumentations sur la fuite des qualifications, l'absence de volonté à travailler, le refus de certains salariés de s'épanouir au service des loisirs d'autrui…
La principale mise en cause est celle du système dans son ensemble, en insistant sur les contraintes et les coûts de la main d'œuvre.
Les mesures d'insertion, souvent utilisées, mettent le personnel dans des situations (très difficiles) pour lesquelles il n'est pas préparé. L'expérience est d'ailleurs énoncée dans les CV en terme de statut et non en terme de qualification acquise.
Les mesures ont masqué un temps le besoin de personnel normalement embauché et, qui plus est, normalement qualifié. Le dispositif emplois jeunes traduit à la fois la réponse à un besoin insatisfait par d'autres types d'aides mais inquiète un management qui se trouve confronté à une réelle obligation de définition de métier au moins aussi valorisante que son titre générique. L'effet d'aubaine est toutefois apprécié et certains considèrent les emplois jeunes comme une " bouffée d'oxygène. ".
Dans ces perspectives, chaque acteur aura, par delà sa vocation même, un rôle social à interpréter pour mettre " l'offre en désir " afin de passer de la cueillette à la récolte des fruits d'un tourisme organisé ; il aura à apprendre à travailler en réseau pour professionnaliser les ressources humaines.
Le secteur peut contribuer à la création d'emplois durables quel que soit le type de contrat à condition que les organismes soient accompagnés dans une démarche qui ne " sacrifie pas le stratégique à long terme au profit du nécessaire à court terme " et qui sort du postulat limitant selon lequel : " On partage mal les métiers de passion ! ".
La motivation des personnels et leur contribution à la génération des richesses de l'entreprise semblent être actuellement les seuls critères d'évaluation du niveau de l'emploi.

L'apprentissage du travail en réseau

Le travail en réseau, à l'échelon d'un territoire ou à l'échelle de filières complémentaires, s'il est une réalité pour certains organismes, est un souhait pour un grand nombre d'autres.
L'apprentissage du travail en réseau, est, selon les interviewés, générateur d'emplois ; il convient toutefois d'accompagner cette démarche.
L'intercommunalité, si elle revêt des aspects intéressants pour cet apprentissage du travail en réseau au bénéfice des organismes, se voit opposer souvent les comportements électoralistes de certains élus.
A contrario, certains organismes prêchent pour une démarche du " tous services intégrés " s'appuyant sur des investissements qui favoriseraient la diversité des services pour un développement des emplois internes ; ce qui n'a pas toujours été prouvé.

L'emploi et l'organisation mis en œuvre en réponse aux flux saisonniers

" Allonger la saison ! " Cette obsession doit plus son origine à la réalité de la fréquentation naturelle des clientèles qu'à l'exercice dans le temps de l'activité. Cette confusion conduit à fixer artificiellement un horizon à l'activité pour laquelle la " recette doit être faite pour le 31 août ". Ainsi, structures et compétences semblent se mettre en état d'hibernation jusqu'à la fréquentation suivante.
Les employeurs raisonnent en terme de chiffre d'affaires plus qu'en terme de valeur ajoutée, d'où cette forte dépendance aux flux dont l'impact les fragilise.
La recherche de solutions à la saisonnalité de la fréquentation a été entreprise dans certaines structures sans grands résultats ; chaque structure affirmant sa problématique propre. L'embarcadère Cardinaud sert, à cet égard, de contre exemple. Il affirme : " Pour que les clients viennent, hors saison, il faut leur faire savoir que l'on est ouvert et se donner trois ans pour évaluer ".
L'activité est sans cesse sous pression, très peu de temps est accordé à une réflexion propice au développement des activités ou à l'optimisation du métier. Cette situation et le turn-over contribuent à la fragilisation de la mémoire de l'entreprise.

Les organismes, leur marché, leur environnement

L'approche globale du marché est exprimée plus quantitativement que qualitativement. Les attentes des clients, si elles sont globalement identifiées dans les contraintes qu'elles imposent à l'organisation et à son adaptation à la demande ne sont pas formalisées. Les fonctionnements reposent souvent sur des visions empiriques mais dont les recettes appliquées dans les structures s'avèrent plutôt pertinentes.
L'impact de la dépendance à la fréquentation conduit souvent des filières entières à se concurrencer sur une même zone de chalandise plutôt que de mettre en œuvre une réelle politique de cible.
Les politiques commerciales et les politiques de prix, aux dires de la majorité des responsables, ne sont pas toujours " définies " et encore moins formulées. La politique de prix est plus souvent exprimée en terme de pratiques tarifaires. Il est regrettable que dans le cadre d'une approche intuitive mais pas irréaliste, la pleine mesure de son marché ne s'opère généralement qu'en " nombre de clients ".
L'environnement intervient comme une potentialité de leur offre touristique, dans toutes les filières. Elle s'exprime comme une composante de l'activité. Cette conscience est tellement forte que certains interviewés n'hésitent pas à manifester leur deuxième peur : la dénaturation de l'environnement.

Les organismes confrontés à de nouvelles attentes de clients

Les organismes perçoivent les clientèles comme étant de plus en plus mobiles, itinérantes et animées de décisions qualifiées d'impulsives. Ce constat s'avère. Ainsi, le paradoxe qu'il soulève en regard de la fidélisation n'est pas sans surprendre les organismes qui s'y trouvent confrontés.
La complexité de la demande est perçue dans certains axes forts comme par exemple :
- L'importance des décisions des enfants
- Le besoin d'intégrer des charges émotionnelles fortes dans les produits
- L'effet sécurisant de l'information objective
- Le besoin d'autonomie
- Le besoin de sécurité
- Un relationnel fort avec l'environnement.

Lesquelles traduisent bien le paradoxe évoqué plus haut et renforcent la troisième peur des organismes : perdre des clients faute de pouvoir répondre à la demande ou de ne pas les satisfaire.

Les réponses opérationnelles apportées à ces attentes s'orientent dans deux grandes directions : un renforcement du potentiel des activités déjà évoqué dans les investissements et une quête d'amélioration de la relation qui, à défaut d'être managée par le personnel, est véhiculée par des efforts sur l'information et ses supports.
Les besoins engendrés sont de trois ordres
:

- Besoin en commerciaux et personnels en contact avec les clients qualifiés
- Besoin de protection des zones et populations sensibles
- Besoin de savoir mettre de la valeur ajoutée sur des services immatériels et des activités qui par habitude n'en sont pas porteuses.

La qualité

Une grande attention à la satisfaction des clients se dégage des entretiens dans l'ensemble des filières.
La qualité est partout à l'ordre du jour. Son expression reste toutefois tributaire du vécu des responsables dans leur structure propre et, souvent, sous l'influence de la dernière appréciation du client.
Dans tous les cas cette prise de conscience ouvre des chantiers de formation et de qualification de l'encadrement, du personnel et de l'ensemble des services connexes. Le développement et la stabilité de l'emploi sont à ce prix sur le marché concurrentiel.
Face à cette conscience, la volonté collective reste de lutter contre ce déterminisme de la non-qualité en affirmant que : " La qualité du tourisme dans la région est l'affaire de tous ! "

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- © SIR Février 2003 -


Les principaux constats
L'expression de la demande
Les métiers émergents
Les réactions face aux métiers
Les opportunités d'emplois
Conclusion méthodologique
Liste des participants
 

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